«Des chats. Des frites. Une cacophonie!»

Guidage vocal

«Des chats. Des frites. Une cacophonie!» Les conseils d’Anitra Eggler contre le syndrome du surf absurde

On peut apprécier les vidéos de chats, mais le syndrome du surf absurde fait perdre un temps de travail et de vie précieux, tout en affaiblissant concentration et cerveau. La chroniqueuse de DirectPoint Anitra Eggler explique pourquoi les souris doivent être tenues en laisse et quelle est l’utilité d’un réveil sur le bureau.

39 onglets du navigateur ouverts. Les yeux courent à toute vitesse à travers les pages, comme un scanner. Stop! Pourquoi êtes-vous ici? Vous ne le savez pas. Que cherchiez-vous à l’origine? Vous avez oublié! Votre dernier souvenir: vous vouliez juste googler un truc. Et vous vous êtes soudain surpris à participer au défi «Essayez de ne pas rire» puis à visionner les vidéos les plus drôles de chats et chiens, pour rigoler bruyamment après trois secondes.

C’est à ce moment que votre chef arrive et vous demande ce qui vous fait rire. Et c’est comme si vous étiez pris en flagrant délit d’adultère. Vous zappez la vidéo, apparaît à l’écran l’histoire de la femme qui n’a mangé que des frites toute sa vie durant. Et bon sang, pourquoi la fenêtre «Comment obtenir un plus grand pénis de manière naturelle» s’ouvre-t-elle maintenant? En ignorant la publicité, vous lancez une vidéo par erreur. Cacophonie: le fait qu’il s’agisse de chants folkloriques esquimaux tous publics ne vous aide pas vraiment en ce moment précis…

Pendant que vous frappez sur la touche silence comme s’il s’agissait d’un moustique tigre asiatique, vous lancez à haute voix à votre patron: «Je ne faisais qu’une brève recherche!» Mais il ne vous écoute pas. Vous l’entendez mentir au téléphone: «Je ne peux pas maintenant, je suis en réunion». Puis il soupire et ajoute, visiblement énervé: «Non chérie, je n’ai pas encore lu les 87 nouveaux messages du blog familial». Puis il sort en tapotant distraitement sur l’écran de son mobile.

Illustration: Corina Vögele

Vous respirez profondément et visionnez encore une fois la vidéo marrante des animaux pour vous détendre. Ensuite, vous mettez vos écouteurs pour vous passer les chants folkloriques esquimaux. C’est tellement drôle que vous les partagez par e-mail à tout votre département. Mais qu’est-ce que vous cherchiez, au juste, lorsque vous êtes allé sur Google? Vous n’en avez plus aucune idée.

Il n’y a pas de quoi vous inquiéter, c’est tout à fait normal. Vous souffrez du syndrome du surf absurde. Il atteint les individus disposant d’un salaire confortable et d’un QI disproportionné, tous les jours durant les heures de bureau, donc constamment. C’est fatal: le syndrome du surf absurde frappe toujours au moment où vous pourriez, exceptionnellement, travailler avec concentration, sans être interrompu par une pseudo «priorisation». Pas de mail? Pas de WhatsApp? Ce n’est pas très agréable pour un cerveau conditionné par des distractions permanentes et accro à la dopamine numérique. Ça rend nerveux. Pour vous calmer, il suffit de googler ce qui vous passe par la tête ou de voir si Facebook est toujours en ligne. Juste une seconde, évidemment. Mais cela se prolonge, nuit à la productivité et au chiffre d’affaires annuel. Pourtant c’est (encore) socialement toléré, parce que tout le monde le fait.

Surfer sans raison conduit à une grave perte de temps, de concentration et de cerveau. Cependant, les personnes concernées n’en tiennent pas davantage compte que l’indication «Annonce» des premiers résultats d’une recherche sur Google. Les cas aigus souffrent en outre de «Morbus Google», également connu sous le nom de cybercondrie. Ils googlent chaque bobo et trouveront à coup sûr dans les premiers résultats une maladie mortelle qui leur gâchera leur journée. Évitez le Dr Google et faites plutôt quelques flexions ou un peu de méditation dès que vous ressentez le besoin de surfer sans raison pour vous distraire. Et si possible hors ligne.

Anitra Eggler

a débuté sa carrière dans la communication en 1992 comme rédactrice d’annonces mortuaires à Buenos Aires. Aujourd’hui, cette habitante de Karlsruhe est une auteure à succès et l’une des conférencières de langue allemande les plus réputées. Avant de conquérir les scènes en tant que «thérapeute numérique» et les librairies avec des titres provocants comme «E-Mail macht dumm, krank und arm», elle a travaillé avec succès 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pendant treize ans en tant que manager de start-up médias et marketing du domaine Internet.

www.anitra-eggler.com

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